Stage au Pérou, 4 étudiants Pharma de Lille à Arequipa

4 étudiants en 5ème année de pharmacie à Lille pour 3 mois de stage hospitalier à Arequipa en 2009 (Hospital Goyeneche). De Lima à la Bolivie, en passant par Cusco, Paracas, le Machu Picchu, le Canyon de Colca, Puerto Maldonado, Salar d'Uyuni, Sud Lipez...

Catégorie Tourisme au Pérou

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Lima, la fin du voyage

Je ne m'attarderai pas sur Lima. Dommage ? Peut-être. Il est vrai que nous partions avec des a priori sur la ville et sans autre objectif particulier que d'y dépenser les derniers soles qui nous restaient. Il faut aussi dire que nous sortions de 8 jours coupés du monde, dans des conditions extrêmes, avec très peu de repos (trek + amazonie). Alors oui, nous n'avons pas fait grand chose d'autre que manger dans des fast-food américains et acheter des souvenirs. Il faudra revenir une autre fois pour prendre toute la mesure de la ville. Même quand nous avons voulu visiter le musée d'anthropologie nous avons été pris par le temps et n'avons pu en voir que la moitié. Le fameux Parque del Amor dont tout le monde parle est un peu décevant, très petit. La ville est certainement moins dangereuse et désagréable que certains veulent bien l'entendre mais il est certains qu'elle n'apporte pas autant d'intérêt que la quasi totalité des lieux que nous avons visité jusque là.

Nous avons tous repris nos avions respectifs. Tous le même jour mais via 5 itinéraires différents. Pour 9 personnes c'est pas mal ! Hé oui, 9. Les 7 que vous avez suivi jusque là + Karen et Nadir, les correspondantes de Virginie et Delphine qui nous rejoignent en France pour 6 mois de stage.
Mais ça, c'est une autre histoire.... :)

Galerie photo de Lima

Puerto Maldonado et la forêt amazionenne (réserve naturelle de Tambopata, Madre de Dios...)

L'Amazonie, la forêt vierge, les animaux. L'apogée tant attendue d'un si long voyage. Nous ne sommes que 3 à décoller. Les autres ont préféré retourner dire au revoir aux familles à Arequipa. Pour moi en tout cas l'Amazonie était un but ultime. C'est qu'on ne pense pas à ça en premier quand on parle du Pérou. Mais au delà des incas et de l'Altiplano, le Pérou c'est aussi une belle part de forêt n'attendant que d'être explorée ! Je sens que votre instinct d'aventurier se réveille... allons-y !

Jour 1 : Avion, Moto-taxi et Pirogue

Il faut tout d'abord resituer le contexte. Encore une fois, de fil en aiguille, notre ami Alan nous a permis de rencontrer une agence qui nous a monté un voyage privé, rien que pour nous 3 et sur nos critères. Nous partons donc pour un programme à moitié en dehors des sentiers battus en espérant voir un peu plus d'animaux et surtout de perroquets, quitte à faire un peu plus de pirogue.

Nous prenons donc l'avion de Cusco au matin, direction Puerto Maldonado. Le vol est quelque peu agité. Cusco est en altitude et Puerto Maldonado au beau milieu de la forêt. Ce ne sont pas les 2 aéroports les plus faciles non plus. L'arrivée est impressionante vue d'avion. De la forêt à perte de vue, de tous les cotés ! A la sortie de l'aéroport toutes les agences sont avec leur panneau sur lequel sont écrits les noms des touristes. On ne voit pas les notres. D'un coté ça fait moins "touriste". De l'autre... heu... ça craint quand même non ? :) Finalement notre guide fait surface au milieu de la foule et nous appelle. Nous le suivons sur le parking au milieu des bus, 4x4 et taxi et nous arrêtons au pied d'un ..... moto-taxi ! Ca c'est du voyage low-cost. Mais bon après tout pourquoi pas, ça fait partie du folklore. Le pauvre chauffeur entasse tant bien que mal nos 6 bagages à l'arrière (1 en soute, 1 en cabine chacun), sangle le tout et nous charge tous 3 à l'arrière. La pauvre moto à du quintupler son poids d'origine en moins de 3 minutes. Le guide nous suit en moto.

Nous le retrouvons au pied d'un embarcadère, d'où il nous présente notre pirogue pour les 4 jours à venir. Oui mais il était prévu qu'on passe par une agence d'abord, où nous aurions eu le loisir de réorganiser nos sacs pour décider de ce qui était à laisser en ville et de ce qu'il fallait ne pas oublier pour le périple ! Nous voilà donc obligé de préparer les affaires dans l'urgence, devant le bateau qui nous attend. Les sacs rentreront à l'agence avec le moto-taxi. Sur le bateau nous faisons connaissance avec notre vrai guide qui s'avère être le frère de celui rencontré à Cusco qui nous avait convaincu de voyager en sa compagnie. Ca commence à faire beaucoup d'approximations dans cette organisation... Nous rencontrons également notre chauffeur de pirogue attitré. Apparemment nous aurions du avoir une cuisinière aussi mais elle a eu un accident la veille. Nous voilà donc à 5 dans une grande pirogue. Ca par contre c'est le luxe !

Le but de ce premier jour est d'aller le plus loin possible sur la rivière. L'idée est que le lendemain matin nous devons être à un mur de perroquets très tôt dans la matinée pour avoir une chance de les apercevoir. Mais comme cet endroit est trop loin pour y aller en une journée, nous devons nous rapprocher au maximum le premier jour, pour ne pas se lever trop tôt le second ! Nous avons donc enchaîné 6h de pirogue non stop, de rivière en rivière, observant de multiples sortes de plantes, d'oiseaux, et même des tortues ! Seule la tombée de la nuit à mis un terme à notre interminable avancée. Nous avons planté la tente à la lampe frontale. Alors vous imaginez déjà les insectes volant qu'on peut avoir en forêt amazonienne. Et bien imaginez maintenant avec une lumière qui les attire sur le front... Le guide nous a ensuite préparé le souper sur le réchaud dans la pirogue, avant de nous présenter notre nouveau voisin. "Vous voyez ces yeux qui brillent, là, de l'autre coté de la rive ? Hé bien c'est un caïman !" Rassurant...
Finalement, le pire de cette nuit n'aura été ni les insectes, ni les bruits de la forêt, ni le caïman qui s'est tenu calme d'ailleurs, mais la pluie. Il a plu toute la nuit, transperçant la tente, imprégnant les matelas. De mauvaise augure pour la suite tout ça...

Jour 2 : Pirogue, Pirogue et Pirogue (bon et quelques animaux quand même)

Alors si vous avez suivi : 1) on a fait beaucoup de pirogue pour aller voir des perroquets à un endroit où très peu de touristes vont ; 2) il a plu toute la nuit ... et au réveil, la météo ne s'annonce guère plus encourageante. Le guide ne nous cache pas la vérité. Dans ces conditions quasiment aucune chance de voir des perroquets. Les boules... Nous reprenons malgré tout la pirogue dès 6h du matin, petit déj à bord. Nous débarquons 3h plus tard. Après une courte marche nous arrivons au poste d'observation. Bingo... Aucun perroquet. Mais alors 0 ! Les photos que nous avions vu avant le départ en montraient des centaines. Grosse déception. Le guide nous propose une petite marche en forêt comme consolation. Allons-y, au moins ça change des jambes qui s'engourdissent dans la pirogue. Nous découvrons petit à petit la végétation. D'un coup le guide s'arrête. Il a entendu des feuilles bouger. Nous levons la tête, une famille de singe est en train de passer d'arbre en arbre. Nous ne les verrons qu'assez peu mais cela nous remonte quand même un peu le moral. Rebelote un peu plus loin. Cette fois c'est un fourmilier avec sa trompe qui se tapit sur une branche en attendant qu'on parte. Dans l'euphorie nous poussons la marche jusqu'à un marais où les mammifères vont souvent s'alimenter mais il est déjà trop tard dans la journée, pour en apercevoir. Tant pis, nous retournons à la pirogue pour rebrousser chemin. Et c'est reparti pour une après-midi sur l'eau, encore une fois jusqu'à la tombée de la nuit. En fait nous l'apprendrons plus tard mais là aussi le but était d'aller le plus loin possible pour aller à un autre mur de perroquets suffisamment tôt le lendemain. Cette fois par contre l'après-midi nous semble encore plus longue que la précédente. L'euphorie de l'arrivée a fait place à un peu plus de morosité. Enfin en fin de journée les nuages semblent s'atténuer. Croisons les doigts.
La nuit se fera sur un banc de sable. La rivière d'un coté, un bras mort de l'autre. Alors que notre guide est dans la pirogue pour préparer le repas, je crois apercevoir des yeux luisant dans ce bras mort. Je cours chercher le guide pour lui montrer. "Heu... je crois qu'on a un caïman à 15m derrière les tentes !" Il ne semble pas convaincu que ce soit un caïman, c'est vrai que les yeux sont petits et peu luisants. Il retourne faire à manger. Mais je veux en avoir le coeur net. Après tout les caïmans que nous avons vu en photo dans les brochures ne faisaient pas plus de 40cm. Ca ne doit pas être bien méchant. J'entreprends de lui lancer des branchages, voir si ça bouge. La branche atterit non loin des yeux, qui se mettent à glisser à la surface de l'eau pour s'arrêter un peu plus loin. Aucun doute, c'en est bien un ! Nous expliquons cela au guide qui nous dit qu'effectivement, nous devons avoir raison, qu'il doit s'agir d'un bébé et que la maman est "là" ... en pointant sa lampe vers 2 yeux bieeeeen plus imposants non loin du coté de la rivière ! :-s

Jour 3 : Des perroquets !!! et tout le reste ! La chance nous sourit enfin

Nouveau réveil à 5h. Difficile d'étudier le ciel. Mais il ne pleut pas. Démontage des tentes express et c'est reparti en pirogue Simone ! Nous arrivons peu avant 10h à une Colpa de Loros, un mur où les perroquets viennent se nourrir d'argile. Enfin nous en voyons ! Pourquoi n'avons nous pas été directement à celui-ci me direz-vous ? Hé bien car ici on n'observe que des petits perroquets verts (Loros). De l'autre coté nous aurions du voir des magnifiques Huacamayos multicolores (Aras). Tant pis. Le spectacle n'en est pas moins impressionnant. La chance commence enfin à nous sourire. Il semble que nous soyons arrivés pile au bon moment car nous sommes le premier bateau, donc le plus proche) et en 15 petites minutes, les perroquets étaient déjà repartis vaquer à leurs autes occupations de la journée. Ce premier contact avec d'autres touristes nous a aussi permis d'apprécier la chance d'avoir un guide et une pirogue pour 3 ! La plupart des groupes ne font pas d'itinérant, restent 4 jours en lodge, et font les excursions par groupe de 20.

Un peu plus loin nous apercevons une tâche brune sur un banc de sable. Nous nous approchons, c'est un caïman ! "Waouhhh, ça peut faire cette taille là ????" :-o Hé bien, si j'avais su, je n'aurais rien jeté sur celui d'hier !!!

Après encore un peu de pirogue, nous arrivons aux portes de la réserve de Tambopata. Direction le Lago Sandoval, dernière escale de notre périple. Et ça commence fort puisqu'à peine le poste de contrôle passé notre guide débusque un groupe de singe en train de parader au dessus de nos têtes. Nous avons pu les observer de longues minutes, passer d'arbre en arbre, arracher les écorces pour chercher les insectes. Cette fois, on les voit très bien. Eux aussi nous voient d'ailleurs mais nous n'avons pas l'air de les déranger outre mesure. Le spectacle est magnifique. La végétation environnante aussi. On voit que nous sommes dans une zone protégée. Il y a une bonne heure de marche jusqu'au lac. Un lac magnifique, bordé de palmiers. D'un coup de gros remous au beau milieu de ce lac jusque là si calme ! Le guide nous explique qu'y vivent des poissons atteignant 3 voire 4 mètres, des Paiches. Je vous laisse apprécier vous même le résultat d'une recherche de "Paiche" sur Google Images pour comprendre la taille du monstre. Quoique la fiche Wikipédia est intéressante aussi ! Après ces explications et quelques petits détails sur les autres espèces peuplant le lac (Caïmans...), il nous propose gentillement de nous y baigner ! Allez, après tout, c'est une occasion unique, je plonge ! Les filles sont plus frileuses et nous regardent du bord. J'avoue que je n'y serais pas allé si le guide n'avait pas montré l'exemple quand même.

Nous sommes ensuite partis visiter le lac en barque. Enfin la partie autorisée car l'autre moitié est interdite d'accès pour protéger faune et flore. Et nous avons une nouvelle fois été chanceux. Nous avons pu observer la seule et unique famille de loutres (lobos de rio) peuplant encore le lac. Nous avons également encore croisé quelques singes, des martins pêcheurs et un bon nombre de Shanshos, espèce de faisan local réputé pour le goût infect de sa viande (d'où sa présence en grand nombre :) !).

De retour à l'auberge nous avons découvert notre chambre... comment dire... "sommaire". Enfin bon, on est pas venu pour le confort. Par contre la grosse araignée et l'énorme cafard sur le mur, c'était pas obligé. Allez, on bon coup de chaussure, on en parle plus. Nous retournons ensuite sur le lac pour une "chasse au caïman". Enfin avant de descendre au lac, le guide nous arrête. "Attendez une seconde, j'ai un truc à vous montrer". Et là... à 5m des chambres... dans une plante au pied d'un palmier... une ééééénorme tarentule. On va pas traîner ici hein... "Non mais ne vous inquiétez pas, elle ne bougera, elle garde ses oeufs" qu'il nous dit ! Pour en revenir sur le concept de la "chasse au caïman", l'idée est réellement d'essayer d'en attraper un. Un petit bien sur. On se rend vite compte que nous n'avons que l'embarras du choix. Il y en a au moins 1 tous les 5 mètres ! Des yeux rouges luisants, tout autour de nous, en pleine nuit. Le guide longe la berge. Il finit par repérer un groupe où les yeux sont plus petits. Des bébés, voilà notre cible. Malheureusement, et malgré 3 tentatives, nous n'avons pas réussi à en capturer un. Il est pourtant passé à quelques centimètres à la dernière reprise, le caïman s'échappant au dernier moment. C'est qu'apparemment il faut vraiment bien les attrapper par l'arrière du cou sous peine d'une belle morsure, voire même de quelques morceaux en moins ! Dommage, mais nous avons quand même bien pu les observer à la lumière des spots.

Nos aventures continuent avec le retour à la chambre. Quelle surprise de découvrir que 2 nouveaux cafards ont pris possession des lieux ! Allez hop, 2 assassinats de plus. Et le guide d'arriver en entendant le bruit des chaussures tapant sur le mur : "Ah mais il ne faut pas faire ça, de toute façon, même si vous les tuez, d'autres reviendront ! La seule solution est de bien positionner la moustiquaire autour de votre lit et de ne plus y penser". Allez, bonne nuit les amis ! .......

Jour 4 : Perroquets again, décidemment !

Le guide tout autant déçu que nous d'avons manqué les perroquets du premier jour nous a convaincu de nous lever encore une fois avant le soleil pour tenter d'aller apercevoir quelques Huacamayos. Et cette fois, même si la météo est encore un peu bancale, nous avons réussi ! Nous avons pu observer longuement un groupe de grands verts qui se nourrissaient dans un tronc, et un peu plus briévement un magnifique bleu et jaune. Il n'y a que les rouges que nous n'aurons pu qu'entre-apercevoir au vol.
Sur la route du retour à l'auberge alors que nous marchions en file indienne, j'aperçois un serpent arrêté un milieu du chemin. Un mangeur de souris inoffensif semble-t-il, mais plus d'un mètre de long quand même ! Le détail qui tue c'est que j'étais le dernier du groupe. Le guide, Marianne et Virginie étaient donc passés à quelques centimètres de lui, à 2 doigts de marcher dessus !

Nous avons ensuite remis en route vers la ville, l'agence et l'aéroport. Bye bye l'Amazonie, merci pour cette expérience inoubliable. Retour à la civilisation !

Galerie complète des 4 jours


Animaux de la Selva



En moto-taxi dans Puerto Maldonaddo




Le suivi de nos pérégrinations sur l'eau :

Voir le tracé sur Everytrail.com... le widget sur ce site marche assez mal :(


Rubrique Conseils aux Voyageurs :
Les quelques imprécisions dans la préparation de notre voyage étaient en fait toutes dues à l'agence ayant fait l'intermédiaire à Cusco. Agence qui plus est peu sympathique et ne proposant pas le paiement en CB... Par contre on vous recommande vivement de prendre contact directement avec la petite agence de guides à Puerto Maldonado tenue par Juan et visiblement ses 2 frères. Eux sont extrêmement gentils, attentionnés et compétents. On sentait bien les efforts que faisait notre guide pour nous débusquer les animaux et adapter les activités à nos désirs. Allez-y sans hésiter. Il s'agit de l'agence Tarantula Expeditions, plus de détail dans les bons plans Pérou ou sur leur site Internet.

Cusco, part 3 : Trekking vers la Vallée Sacrée des Incas

De retour du Machu Picchu nous avons retrouvé Alan à l'hôtel, qui nous avait préparé un petit programme de trek sur 4 jours, en direction de la Vallée Sacrée et plus précisemment de Lamay, le village de son enfance. Cet itinéraire est pour le moins original. La plupart des touristes prennent la direction de Choquequirao, un site bien plus étendu que le Machu Picchu et qui surtout n'est accessible qu'à pied. Ce sont cependant 4 jours de marche, en altitude, sur un terrain assez difficile et je pense que nous n'aurions pas été physiquement à la hauteur. Nous avons donc prix l'option plus inédite, plus couleur locale et moins chère avec l'itinéraire d'Alan incluant site inca, village quechua et nuit dans sa famille. :)

Puisqu'il faut bien se reposer un peu, nous avions quand même pris une journée de battement qui nous a permis de visiter les derniers sites incas de la région : Tambo Machay, Puka Pukara, Kenko et Sacsayhuaman.
Nous avons mis en route le lendemain. De Puka Pukara, un peu plus haut que Cusco pour éviter de commencer directement par une montée interminable. Ce n'est pas pour ça que le début a été simple. L'altitude est déjà une difficulté. Le poids des sacs n'est qu'un petit plaisir en plus. Et on a quand même rencontré des montées ! La météo n'a pas toujours été de notre coté non plus. Le ciel s'est assez vite couvert et nous avons même eu le droit à quelques grêles (limite flocons de neige) au beau milieu du pique-nique ! Heureusement, tout cela s'est calmé ensuite. C'est qu'il en restait de la route à parcourir. Bieeeeen plus que prévu ! L'ami Alan et ses 4 poumons (comme la plupart des péruviens) nous a bien surestimés. Il a quand même hésité à un moment à raccourcir l'étape mais le but était quand même de pouvoir dormir dans les ruines d'un site inca, c'eut été dommage d'arrêter avant. Résultat, nous sommes arrivés la nuit quasiment tombée, après 8h de marche, 19kms et 700m de dénivelé positif. Tout ça à 3500m d'altitude... si on nous avait prévenu avant, je crois qu'on aurait pas signé !!!
La nuit dans le site inca d'Huchuyqosqo était malgré tout une expérience à vivre. Nous n'avons pas vu grand chose au soir bien entendu mais avons d'autant plus apprécié la surprise de sortir de la tente et de tomber sur un site méconnu, sans aucun touriste mais pour autant plein d'intérêt.



C'est donc après la visite guidée du site par Alan que nous avons repris la route, pour 3h de descente en direction de Lamay. Nous y avons été accueillis par la maman d'Alan, et toute sa famille d'ailleurs. Là encore, une sacrée expérience ! On est très loin d'Arequipa et des familles que nous connaissions jusque là. La maison est sommaire, les toilettes sont au milieu de l'enclos des poules, canards et moutons. Les cochons d'inde, eux, sont dans la cuisine. Enfin sauf ceux qui sont dans la pièce d'à côté qui leur est consacrée. Notre repas est prêt à notre arrivée, là dans le coin de la cuisine sur le petit feu de bois. Ils sont tous d'une gentillesse extrême.
Pour le repas du soir on nous propose de goûter le cochon d'inde fait maison justement. On peut aller se reposer, ils nous appelleront quand ils commenceront à les préparer, pour qu'on puisse observer ... ou participer ! Oui, parce qu'on nous a proposé de tuer notre propre cochon d'inde. Nan, bah ça va aller hein ! :) Nous nous sommes contentés de regarder et de filmer la mise à mort, le rituel des pétales, le "plumage" puis le rasage, le remplissage à l'aide d'herbes ou à l'inverse le vidage des intestins. Car rien ne se jette. Ca s'est confirmé lors du repas. Même si nous avons apprécié à juste titre le repas, il y avait certains trucs plus durs à avaler que d'autres. Comme la préparation à base des tripes, la peau, le gras... Hé bien la famille regroupée autour de notre table s'est fait une joie (le mot est faible) de partager nos restes... griffes y compris !!!



La vidéo de la préparation. AMES SENSIBLES, S'ABSTENIR !



Le lendemain, Alan commençant enfin à évaluer notre niveau physique et respiratoire, c'est en taxi que nous sommes montés au vrai petit lieu-dit de son enfance. On peut quand même comprendre qu'il ait eu du mal à admettre qu'on ne puisse le faire à pied puisque lui, étant petit, se faisait l'heure et demi de montée tout les soirs pour rentrer de l'école. Nous sommes montés pique-niquer au bord de la falaise avec une vue imprenable sur la Vallée Sacrée et le Rio Urubamba. Encore une fois cette impression d'être des privilégiés, au milieu de nulle part, coupés du monde... Et puis il faut dire que le guacamole préparé par notre guide-cuisto n'était par pour rien dans cette impression de bien-être ! :) C'est qu'il est pas mauvais cuisinier Alan non plus.
De retour vers le village nous avons rencontrés un couple de vieux paysans qui récoltaient leur blé. La discussion n'était pas facile puisqu'il ne parlaient que Quechua mais nous sommes restés avec eux, à les observer, à les aider un peu aussi, tant bien que mal. Il étaient dans ce tout petit champ depuis 4 jours, à battre leur blé au pied avant de le faire passer au vent pour nettoyer les grains de leur enveloppes. Il devaient avoir préaparé à peine 150kgs. En 4 jours... Admiratifs devant tant de courage et d'abnégation nous nous sentions tout petits, complétement décalés de leur monde. Ils nous ont pourtant encore invité à partager leur repas. La vieille dame est partie chercher des pommes de terre. Alan a commencé à construire un four en terre dans lequel nous avons enflammé des branchages. Une fois la terre bien chaude nous avons introduit les pommes de terre avant d'écrouler le four pour laisser cuire. Tout ça au milieu du champ. 20 minutes de cuisson et nous voilà en train de partager des patates avec des paysans parlant Quechua, au beau milieu d'un champ qui n'avait certainement jamais vu de touriste. Notre maigre contribution aura été notre reste de guacamole. Ils nous en ont pourtant vivement remercié. Encore un moment inoubliable.
Nous avons passé la soirée avec la tante d'Alan, dans sa maison. Enfin sa cuisine, sa chambre, sa seule pièce quoi. La brave petite mamie y vivait sans électricité et seule, si on omet les 35 cochons d'inde (record battu) et le petit chat orphelin. Notre présence aura été l'occasion de lui faire partager notre repas, des spaghetti au thon, un peu de changement dans son quotidien de maïs et de pommes de terre de sa production.



Le dernier jour, enfin, nous nous sommes contentés d'une petite heure et demie de marche pour redescendre à Lamay. Un dernier repas chez la maman d'Allan, quelques courses à l'épicerie pour la remercier et nous voilà repartis en bus pour Cusco. Fatigués. Mais comblés.

Galerie complète des 4 jours

Le tracé des 4 jours, les 3/4 étant bouclés le jour 1 :) :

Rubrique Conseils aux Voyageurs :
Un seul conseil : Appelez Alan, il s'occupe de tout le reste ! (il faut juste que je retrouve son numéro... je le mets ici dès que possible)